Pékin 2008, sur la voie des J.O.

« Pékin 2008, sur la voie des J.O. »
En Chine, les campagnes de communication, tant officielles que publicitaires, nous abreuvent d’images stéréotypées de la modernité à la chinoise : dès la descente de l’avion, à l’aéroport de Pékin, des écrans diffusent en boucle le clip de promotion d’une Chine aux hôtesses souriantes, aux chauffeurs de taxi radieux et miraculeusement anglophones, aux quartiers luxueux couverts de tours flambant neuves.
La perspective des JO 2008, dont les autorités chinoises font un enjeu majeur de démonstration de la puissance et du développement du pays aux yeux du monde entier, a favorisé depuis sept ans la reconstruction de la ville, livrée à la spéculation immobilière avec la bonne conscience de faire disparaître ce que seuls quelques spécialistes locaux considèrent comme un patrimoine architectural inestimable, et dont la vétusté s’efface devant la propreté des barres d’immeubles qui les remplacent dans l’indifférence générale.
L’envers du décor révèle une entreprise de destruction à grande échelle des quartiers figurant parmi les plus anciens de Pékin, ville historiquement plate, rasée par vagues successives pour bâtir toujours plus d’immeubles de bureaux ou d’habitation, tandis que les habitants expulsés sont relogés dans les zones périphériques
Ce parcours effectué par YWM en 2005 sur les décombres de quartiers immenses, qu’il avait l’habitude de fréquenter depuis 1995 et dont il ne reste plus rien aujourd’hui, nous offre le témoignage d’un observateur averti du remplacement d’une époque par une autre.
Canon EOS 5D
"Le logo officiel des JO 2008 de Pékin détourné"
Sur un mur dans l’enceinte de l’Université du Peuple, un étudiant facétieux a peinturluré en jaune les parties génitales du personnage emblématique des JO de 2008.
Ce logo est par ailleurs une pure merveille de communication flattant avec beaucoup de subtilité le penchant nationaliste de la population : le graphisme blanc sur fond rouge fait explicitement référence à la grande tradition chinoise des sceaux apposés par les lettrés sur les rouleaux de peinture ou de calligraphie, tandis que le tracé du personnage évoque de manière frappante le caractère Jing 京 (capitale, ville) composant Beijing 北京 (la capitale du nord) et qui constitue également son abréviation.
MP
Voitgländer 15mm 1:4,5
Fuji press 800
"Sanlitun Nan – Bâtiment n°14"
S’élève sur un champ de ruines et de déchets.
MP
Summarit 50mm 1:1,5
Fuji Velvia 50
"Récupérateur"
Un mingong part de son domicile improvisé à la recherche de matériaux récupérables.
MP
Summarit 50mm 1:1,5
Fuji press 800
"Chai拆"
Le caractère Chai 拆 rapidement brossé sur chacune des maisons de quartiers entiers, désigne ceux-ci à la destruction prochaine, précédée du déplacement de leurs populations, et à la spéculation immobilière.
MP
Voitgländer 15mm 1:4,5
Fuji press 800
"Une fillette dans la vitrine"
Le ciel et les arbres de ce quartier de hutong 胡同aux maisons basses sur le point d’être détruit se reflètent dans la vitrine d’une boutique de « réparation ménagère » (jiating zhuangxiu).
MP
Voitgländer 15mm 1:4,5
Fuji press 800
"三里屯北Sanlitun Bei au tricycle"
Court sursis accordé à cet ensemble d’habitations bâti à peu de frais, malgré tout selon les règles de l’architecture traditionnelle chinoise disposant les corps d’habitation autour de cours successives, le tout enfermé dans un mur d’enceinte ouvrant sur la rue (hutong 胡同).
Ce quartier a depuis été entièrement détruit pour laisser place à un centre commercial, à deux pas du quartier pavillonnaire des ambassades.
MP
Summarit 50mm 1:1,5
Fuji Velvia 50
"Mingong au portable"
Sur un chantier dans le quartier historique du Sud de la ville, un ouvrier est monté sur une palissade pour mieux capter le réseau téléphonique, bien souvent saturé.
MP
Konica 35mm 1:2
Fuji press 800
"Le vendeur de légumes"
Dispose soigneusement sur le trottoir l’étalage précaire.
MP
Voitgländer 15mm 1:4,5
Fuji press 800
"Sanlitun Bei – Chai"
Le caractère Chai peint sur cette maison la désigne comme devant être prochainement rasée, comme l’ensemble de ce quartier pauvre, à l’habitat traditionnel des Hutong 胡同. L’immeuble baigne dans un nuage blanc de pollution et de poussière, provenant des chantiers alentour et de l’axe routier qui le borde.
MP
Voitgländer 15mm 1:4,5
Fuji Velvia 50
"Construction du métro"
Au pied d’un quartier moderne de bureaux, des min gong (paysans ouvriers, venus de loin pour travailler à la ville), dont une femme, travaillent sur le chantier. Deux d’entre eux portent des vêtements militaires d’occasion, résistants et bon marché. L’édicule abritant les travaux de creusement porte des slogans d’encouragement au travail et à la réussite : « Franchir les obstacles avec courage » (Yong yu kua yue) et « Poursuivre l’excellence » (Zhui qiu zhuo yue).
MP
Konica 35mm 1:2
Fuji press 800
"Le vélo fantôme"
La silhouette d’un couple à vélo, lui pédale, elle est assise sur le porte-bagage, posture interdite car jugée dangereuse, pourtant emblématique des amours estudiantines, envahissant les campus universitaires...
Eclaire la façade de cette nième maison condamnée, vestige des hutong 胡同 (ruelles typiques) crépis comme on les voit sur les photographies des années 1900 : ce quartier faisait partie des plus vieux de la ville.
MP
Voitgländer 15mm 1:4,5
Fuji press 800
"La porte de l'Empire"
La porte Tian'anmen face à la place du même nom. Placée sous haute protection la porte est décorée par les slogans communistes et le portrait de Mao depuis 1949.
En Chine, les campagnes de communication, tant officielles que publicitaires, nous abreuvent d’images stéréotypées de la modernité à la chinoise : dès la descente de l’avion, à l’aéroport de Pékin, des écrans diffusent en boucle le clip de promotion d’une Chine aux hôtesses souriantes, aux chauffeurs de taxi radieux et miraculeusement anglophones, aux quartiers luxueux couverts de tours flambant neuves.
La perspective des JO 2008, dont les autorités chinoises font un enjeu majeur de démonstration de la puissance et du développement du pays aux yeux du monde entier, a favorisé depuis sept ans la reconstruction de la ville, livrée à la spéculation immobilière avec la bonne conscience de faire disparaître ce que seuls quelques spécialistes locaux considèrent comme un patrimoine architectural inestimable, et dont la vétusté s’efface devant la propreté des barres d’immeubles qui les remplacent dans l’indifférence générale.
L’envers du décor révèle une entreprise de destruction à grande échelle des quartiers figurant parmi les plus anciens de Pékin, ville historiquement plate, rasée par vagues successives pour bâtir toujours plus d’immeubles de bureaux ou d’habitation, tandis que les habitants expulsés sont relogés dans les zones périphériques
Ce parcours effectué par YWM en 2005 sur les décombres de quartiers immenses, qu’il avait l’habitude de fréquenter depuis 1995 et dont il ne reste plus rien aujourd’hui, nous offre le témoignage d’un observateur averti du remplacement d’une époque par une autre.


"Le logo officiel des JO 2008 de Pékin détourné"
Sur un mur dans l’enceinte de l’Université du Peuple, un étudiant facétieux a peinturluré en jaune les parties génitales du personnage emblématique des JO de 2008.
Ce logo est par ailleurs une pure merveille de communication flattant avec beaucoup de subtilité le penchant nationaliste de la population : le graphisme blanc sur fond rouge fait explicitement référence à la grande tradition chinoise des sceaux apposés par les lettrés sur les rouleaux de peinture ou de calligraphie, tandis que le tracé du personnage évoque de manière frappante le caractère Jing 京 (capitale, ville) composant Beijing 北京 (la capitale du nord) et qui constitue également son abréviation.




"Sanlitun Nan – Bâtiment n°14"
S’élève sur un champ de ruines et de déchets.




"Récupérateur"
Un mingong part de son domicile improvisé à la recherche de matériaux récupérables.




"Chai拆"
Le caractère Chai 拆 rapidement brossé sur chacune des maisons de quartiers entiers, désigne ceux-ci à la destruction prochaine, précédée du déplacement de leurs populations, et à la spéculation immobilière.




"Une fillette dans la vitrine"
Le ciel et les arbres de ce quartier de hutong 胡同aux maisons basses sur le point d’être détruit se reflètent dans la vitrine d’une boutique de « réparation ménagère » (jiating zhuangxiu).




"三里屯北Sanlitun Bei au tricycle"
Court sursis accordé à cet ensemble d’habitations bâti à peu de frais, malgré tout selon les règles de l’architecture traditionnelle chinoise disposant les corps d’habitation autour de cours successives, le tout enfermé dans un mur d’enceinte ouvrant sur la rue (hutong 胡同).
Ce quartier a depuis été entièrement détruit pour laisser place à un centre commercial, à deux pas du quartier pavillonnaire des ambassades.




"Mingong au portable"
Sur un chantier dans le quartier historique du Sud de la ville, un ouvrier est monté sur une palissade pour mieux capter le réseau téléphonique, bien souvent saturé.




"Le vendeur de légumes"
Dispose soigneusement sur le trottoir l’étalage précaire.




"Sanlitun Bei – Chai"
Le caractère Chai peint sur cette maison la désigne comme devant être prochainement rasée, comme l’ensemble de ce quartier pauvre, à l’habitat traditionnel des Hutong 胡同. L’immeuble baigne dans un nuage blanc de pollution et de poussière, provenant des chantiers alentour et de l’axe routier qui le borde.




"Construction du métro"
Au pied d’un quartier moderne de bureaux, des min gong (paysans ouvriers, venus de loin pour travailler à la ville), dont une femme, travaillent sur le chantier. Deux d’entre eux portent des vêtements militaires d’occasion, résistants et bon marché. L’édicule abritant les travaux de creusement porte des slogans d’encouragement au travail et à la réussite : « Franchir les obstacles avec courage » (Yong yu kua yue) et « Poursuivre l’excellence » (Zhui qiu zhuo yue).




"Le vélo fantôme"
La silhouette d’un couple à vélo, lui pédale, elle est assise sur le porte-bagage, posture interdite car jugée dangereuse, pourtant emblématique des amours estudiantines, envahissant les campus universitaires...
Eclaire la façade de cette nième maison condamnée, vestige des hutong 胡同 (ruelles typiques) crépis comme on les voit sur les photographies des années 1900 : ce quartier faisait partie des plus vieux de la ville.




"La porte de l'Empire"
La porte Tian'anmen face à la place du même nom. Placée sous haute protection la porte est décorée par les slogans communistes et le portrait de Mao depuis 1949.