Derrière cette rareté en occasion il y a aussi cette surprenante disparition de ces boitiers des catalogues des fabricants. Chacun d'entre eux apportait des solutions différentes et complémentaires et surtout plus modernes au Leica. Konica avait cherché un affrontement frontal, ils ont trébuché sur quelques microns et les voilà au tapis. Cosina a joué la complémentarité avec les boitiers ltm avant de passer à la bayonette M à un sixième du prix des M7. On aurait pu penser que le prix aide à vendre, mais sans doute pas assez pour rentabiliser un produit à - pure spéculation de ma part - faible marge. Mais j'étais très surpris quand Kobayashi a lâché le morceaux définitivement. Le plus mystérieux pour moi est la disparition prématurée du ZM. A mi-chemin entre Bessa A et M7, il ne manquait ni d'allure ni d'ambition. Quand j'avais envie d'un obturateur métal, montant à 1/2000 et une mesure centrale pondérée il y a deux ans, le Bessa R3A était encore dispo neuf mais avait grimpé à plus de 800€. Finalement j'ai opté pour un ZM au même prix, en me disant que ça sera de plus en plus difficile d'en trouver .............
C'est un boitier que j'utilise avec plaisir et contrairement à une peur que j'avais au préalable, il ne me tombe pas des mains quand je passe du M6 au ZM.
En revanche, je pense que Zeiss a commis des erreurs stratégiques, technologiques, sans doute aussi de marketing et a été desservie par son partenaire industriel.
L'erreur stratégique a été de se placer en challenger de Leica et jouér la différence au détriment de la complémentarité. Deux exemples : un cadre 85 à la place d'un 90. ça a l'air de rien, mais dit tout de même "je ne fais pas comme les autres ". Et surtout le panel de contrôle du viseur. Coincé à gauche avec des LEDs ultrafins pour ne pas dire minables, c'est simple : pour moi c'est inutilisable ! Ici encore cette volonté de faire différemment à tout prix, même en moins bien ! C'est un peu comme si un constructeur de voitures passait le levier de vitesses à gauche du siège, oubliant au passage que ce n'est pas le levier qui est important mais la conduite .....Bref, en appliquant une solution avec trois diodes façon Leica/Bessa Zeiss aurait vraiment mis en valeur son viseur ( n'oublions pas que c'est grâce au ZM que Leica a passé le chiffon pour nettoyer le viseur du M) et son télémètre qui est redoutable de précision.
Et puis quel curieux choix pour le parc optique! Deux bêtes de course fabriquées en Germany aux extrémités - le 2.8/15mm et le 2/85mm (probablement mal conçu et aussitôt disparu ) et pour ainsi dire rien au milieu à part un Sonnar 50 un peu particulier. A mon sens il aurait fallu attaquer fort avec un 1.4/35 également fabriqué en Allemagne, sachant que le 35 est LA focale emblématique du M.
Zeiss aurait également pu réutiliser l'excellent 2.8/90 du Contax G à la place du super-sexy 4/85 ........
Quand à la fabrication des ZM - elle a été entaché de tellement de problèmes que certains - comme Photo Suffren - refusait de les vendre. Alors simple maladresse des concepteurs ( Zeiss) ou manque de maîtrise du constructeur ( Cosina ) on ne saura jamais. Pour ma part j'aurais bien vu un ZM2 revue et corrigé, mais l'air du temps n'avait pas les même vues !
Du coup je me contente du mien tant qu'il marche !